Toutes les femmes de 25 à 65 ans sont concernées par le dépistage du cancer du col de l'utérus, qu'elles soient vaccinées ou non. Entre 25 et 29 ans, il repose sur l'examen des cellules du col (cytologie) ; de 30 à 65 ans, sur la recherche des papillomavirus à haut risque, renouvelée tous les cinq ans quand le test est négatif.
Le dépistage repère des lésions des années avant un cancer
Le cancer du col de l'utérus est presque toujours la conséquence d'une infection persistante par un papillomavirus humain (HPV) à haut risque. Selon la Haute Autorité de santé (HAS), environ 90 % des infections disparaissent seules en moins de deux ans ; dans près de 10 % des cas, le virus persiste et peut provoquer des lésions du col, puis un cancer, en général dix à vingt ans après l'infection.
Ce long délai laisse le temps d'agir. Le dépistage permet de découvrir des lésions précancéreuses, de les surveiller ou de les traiter avant qu'elles ne deviennent un cancer, et de diagnostiquer tôt un cancer déjà présent. Santé publique France compte un peu plus de 3 100 nouveaux cas de cancer du col et environ 1 100 décès chaque année en France. Au début, ce cancer ne donne aucun symptôme : attendre d'avoir des signes n'est pas une stratégie de dépistage.
Les examens selon l'âge, résumés en un tableau
Le calendrier ci-dessous reprend celui de l'Assurance Maladie, établi d'après les recommandations de la HAS, pour les femmes sans suivi médical particulier.
| Âge | Examen | Rythme |
|---|---|---|
| 25 à 29 ans | Examen cytologique (frottis) | Deux examens à un an d'intervalle, puis trois ans après si les deux sont normaux |
| 30 à 65 ans | Test HPV à haut risque | Trois ans après la dernière cytologie normale, ou dès 30 ans sans dépistage antérieur, puis tous les cinq ans tant que le test est négatif |
De 25 à 29 ans, la cytologie plutôt que le test HPV
Avant 30 ans, la cytologie reste l'examen de référence. Le prélèvement de cellules à la surface du col se fait avec une petite brosse, après la pose d'un spéculum, lors d'une consultation ; le geste dure quelques minutes. Le laboratoire recherche ensuite au microscope des cellules anormales.
La HAS explique pourquoi le test HPV n'est pas proposé à cet âge : chez les femmes jeunes, les infections à HPV et les anomalies cellulaires passagères sont très fréquentes et disparaissent le plus souvent d'elles-mêmes. Un test HPV en détecterait beaucoup, ce qui conduirait à des examens et à des traitements inutiles, avec un risque d'accouchement prématuré lors de grossesses ultérieures quand le col a été opéré.
De 30 à 65 ans, le test HPV tous les cinq ans
À partir de 30 ans, le test HPV à haut risque remplace la cytologie en première intention. Le prélèvement se fait de la même façon, au niveau du col, mais le laboratoire y recherche l'ADN des papillomavirus à haut risque. Selon la HAS, ce test détecte mieux les lésions précancéreuses que la cytologie et offre une protection plus durable, ce qui autorise un intervalle de cinq ans après un résultat négatif.
Les femmes immunodéprimées, par exemple après une greffe d'organe, en cas de lupus systémique ou sous traitement immunosuppresseur, suivent un rythme plus rapproché. L'Assurance Maladie indique une cytologie chaque année de 25 à 29 ans, puis un test HPV à 30 ans renouvelé tous les trois ans s'il est négatif, à commencer dans l'année qui suit la greffe, le diagnostic ou la mise sous traitement. Les femmes vivant avec le VIH ont un suivi propre, défini avec leur médecin.
Le programme organisé : invitation et prise en charge
Le programme national de dépistage organisé envoie une invitation aux femmes qui n'ont pas fait leur examen dans les délais recommandés. Cette invitation arrive par courrier et en version numérique sur le compte ameli, où elle reste disponible six mois. Une invitation égarée peut se retrouver sur ce compte, auprès de son médecin ou de son pharmacien, ou en appelant le 36 46.
- Avec l'invitation, l'analyse de la cytologie ou du test HPV est prise en charge à 100 %, sans avance de frais.
- La consultation et le prélèvement sont remboursés à 70 % sur la base du tarif conventionnel, le reste étant le plus souvent couvert par la complémentaire santé.
- Le prélèvement peut être fait par un médecin généraliste ou un gynécologue, par une sage-femme, dans un centre de santé, un centre de santé sexuelle (ancien centre de planification), un centre d'examens de santé de l'Assurance Maladie, à l'hôpital ou dans certains laboratoires.
- Une femme qui n'est pas concernée peut demander à ne plus être invitée grâce au formulaire d'exclusion joint au courrier.
Pour les femmes de plus de 30 ans qui ne se font pas ou peu dépister, certains professionnels proposent un autoprélèvement vaginal pour le test HPV, à réaliser soi-même.
Après un test HPV positif, un parcours en plusieurs étapes
Un test HPV positif signifie qu'un virus à haut risque est présent sur le col, pas qu'il existe un cancer. La HAS décrit un triage en deux temps :
- Une cytologie est faite sur le même prélèvement, sans nouvelle consultation (on parle de cytologie réflexe).
- Si cette cytologie montre des anomalies, la femme est orientée vers une colposcopie, un examen du col à la loupe qui permet de faire une biopsie si besoin.
- Si la cytologie est normale, un nouveau test HPV est prévu un an plus tard.
- Si ce contrôle reste positif, une colposcopie est proposée ; s'il est négatif, le dépistage reprend au rythme de cinq ans.
Ce résultat intermédiaire, souvent source d'inquiétude, fait l'objet d'un article détaillé : frottis normal mais HPV positif.
Les signes qui doivent faire consulter sans attendre le prochain dépistage.
- Des saignements après un rapport sexuel ou en dehors des règles.
- Des saignements survenant après la ménopause.
- Des pertes vaginales inhabituelles, claires ou teintées de sang.
- Des douleurs pendant les rapports, dans le bas-ventre ou le bas du dos.
Ces signes ont souvent une autre cause, bénigne, mais l'Assurance Maladie recommande d'en parler à un médecin, quel que soit l'âge.
Questions fréquentes sur le dépistage du col de l'utérus
Faut-il se faire dépister quand on est vaccinée contre les HPV ?
Le vaccin HPV protège contre la plupart des types de papillomavirus responsables de cancers, mais pas contre tous. Le dépistage reste recommandé de 25 à 65 ans, au même rythme que pour les femmes non vaccinées.
Le frottis fait-il mal ?
Le prélèvement est rapide et généralement peu douloureux ; il peut être un peu inconfortable au moment de la pose du spéculum. Il est possible de demander au professionnel d'expliquer chaque étape et de signaler toute gêne pendant l'examen.
Pourquoi le dépistage s'arrête-t-il à 65 ans ?
Le programme organisé s'adresse aux femmes de 25 à 65 ans. Après 65 ans, la poursuite d'un suivi se décide avec le médecin, en fonction des résultats antérieurs et de la situation de chaque femme.
Un test HPV positif veut-il dire que le partenaire a été infidèle ?
Le virus peut rester silencieux pendant des années avant d'être détecté, si bien qu'un test positif ne permet de dater ni l'infection ni le moment de la contamination.
Sources
- Dépistage organisé du cancer du col de l'utérus (Assurance Maladie)
- Questions-réponses sur l'infection à HPV et le dépistage (Haute Autorité de santé)
- Recherche des HPV en dépistage primaire du col de l'utérus, synthèse (Haute Autorité de santé)
- Circonstances de découverte et diagnostic du cancer du col de l'utérus (Assurance Maladie)




