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Le test HPV par autoprélèvement vaginal, une autre façon de se faire dépister

Enveloppe et tube de prélèvement posés sur une table de salle de bain

Réalisé par la femme elle-même, l'autoprélèvement vaginal permet de rechercher les papillomavirus à haut risque sans examen gynécologique. La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de le proposer, à partir de 30 ans, aux femmes qui ne se font jamais dépister ou pas au rythme recommandé ; un résultat positif impose ensuite un frottis chez un professionnel de santé.

L'autoprélèvement vaginal, un test HPV sans spéculum

L'autoprélèvement vaginal (APV) consiste à recueillir soi-même, à l'aide d'un écouvillon, des sécrétions dans le vagin. Le prélèvement est ensuite analysé par un laboratoire, qui y recherche l'ADN des papillomavirus humains (HPV) à haut risque, ceux qui peuvent provoquer à long terme un cancer du col de l'utérus.

Il ne remplace pas tout le dépistage : seul le test HPV peut être réalisé sur un autoprélèvement. L'examen des cellules du col (cytologie), qui sert de dépistage entre 25 et 29 ans et de second temps d'analyse après un test HPV positif, demande un prélèvement fait par un professionnel sur le col lui-même. Le référentiel national publié par l'Institut national du cancer (INCa) en 2022 rappelle d'ailleurs que le prélèvement de référence reste celui réalisé par un clinicien.

Les femmes à qui l'autoprélèvement est proposé

Dans sa recommandation de juillet 2019, la HAS présente l'autoprélèvement comme une alternative au prélèvement par un professionnel pour certaines femmes. Il doit être proposé à partir de 30 ans aux femmes non dépistées ou insuffisamment dépistées, afin de faciliter leur participation. L'Assurance Maladie le décrit de la même façon : une solution proposée par certains professionnels de santé aux femmes de plus de 30 ans qui participent peu ou pas au dépistage.

  • Il concerne les femmes de 30 à 65 ans, tranche d'âge du dépistage par test HPV.
  • Il s'adresse surtout à celles qui repoussent l'examen gynécologique, par gêne, appréhension, manque de temps ou éloignement d'un professionnel.
  • Il n'est pas prévu avant 30 ans, puisque le dépistage repose alors sur la cytologie.

Le référentiel de l'INCa prévoit qu'il soit proposé notamment au moment des relances du dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, et privilégie l'envoi direct du kit au domicile. Sa mise en place dépend toutefois des territoires : le plus simple est d'en parler à son médecin, à sa sage-femme ou au centre régional de coordination des dépistages des cancers de sa région.

Comment se déroule le prélèvement à la maison

Le kit d'autoprélèvement contient un écouvillon, un tube et une notice illustrée, ainsi que le nécessaire pour renvoyer l'échantillon au laboratoire. Le geste prend quelques minutes et ne nécessite pas de matériel particulier.

  1. Se laver les mains et lire entièrement la notice avant d'ouvrir l'écouvillon.
  2. Introduire l'écouvillon dans le vagin, sans chercher à atteindre le col, en suivant la profondeur et les gestes indiqués par la notice.
  3. Replacer l'écouvillon dans son tube, le fermer et l'identifier comme demandé.
  4. Renvoyer l'échantillon au laboratoire dans l'enveloppe fournie, sans tarder.

Les techniques d'analyse autorisées sont encadrées : le référentiel de l'INCa n'admet que des tests de détection des HPV à haut risque par PCR validés pour l'autoprélèvement et comportant un contrôle interne qui vérifie la présence de cellules dans l'échantillon. Si le prélèvement ne peut pas être analysé, la femme reçoit un courrier qui en explique la raison, puis un nouveau kit en moins d'un mois.

Une fiabilité proche de celle du prélèvement fait par un professionnel

La performance de l'autoprélèvement a été étudiée en France. Une étude publiée par Santé publique France a jugé l'autoprélèvement vaginal sec performant pour détecter les infections à HPV à haut risque, avec une sensibilité de 88,7 % et une spécificité de 92,5 %, des valeurs comparables à celles d'un écouvillon en milieu liquide. Les auteurs concluaient que son efficacité et son coût devaient être évalués avant un usage à grande échelle, ce que la HAS a demandé en 2019.

Une expérimentation menée en Indre-et-Loire, également publiée par Santé publique France, a comparé plusieurs façons de relancer des femmes qui ne se faisaient pas dépister : neuf mois plus tard, 22,5 % de celles qui avaient reçu un kit au domicile avaient fait un dépistage complet, contre 11,7 % après une simple lettre de relance et 9,9 % sans aucune relance. L'intérêt principal de l'autoprélèvement tient donc moins à une précision supérieure qu'à sa capacité à toucher des femmes qui échappaient au dépistage.

Après le résultat : négatif, positif ou ininterprétable

Le laboratoire envoie le compte rendu à la femme, accompagné d'un courrier qui explique la suite. Le référentiel national décrit trois situations.

RésultatCe qu'il signifieSuite prévue
NégatifAucun HPV à haut risque détectéNouveau dépistage par test HPV cinq ans plus tard
PositifPrésence d'un HPV à haut risque, sans préjuger de lésionConsultation chez un professionnel pour un frottis et une analyse des cellules du col
Non analysableÉchantillon insuffisant ou incident techniqueCourrier explicatif puis nouveau kit en moins d'un mois

Un résultat positif est fréquent et ne signifie pas qu'il existe un cancer : la plupart des infections disparaissent d'elles-mêmes. Le frottis permet de vérifier s'il existe des anomalies cellulaires ; si c'est le cas, une colposcopie pourra être proposée. Lorsque la cytologie est normale malgré la présence du virus, une surveillance à un an est la règle, comme l'explique l'article frottis normal et HPV positif.

Quand consulter plutôt que faire un autoprélèvement.

  • En cas de saignements après les rapports, en dehors des règles ou après la ménopause.
  • En cas de pertes inhabituelles ou de douleurs pelviennes ou pendant les rapports.
  • En cas de suivi en cours pour une anomalie du col déjà connue.

Ces situations relèvent d'un examen médical et non d'un test de dépistage.

Questions fréquentes sur l'autoprélèvement HPV

L'autoprélèvement est-il aussi fiable qu'un prélèvement chez le gynécologue ?

Selon les études françaises disponibles, analysé avec un test PCR validé, il détecte les HPV à haut risque avec une sensibilité proche de celle d'un prélèvement fait par un professionnel. Il ne permet en revanche pas l'analyse des cellules, d'où le frottis nécessaire en cas de résultat positif.

Peut-on faire un autoprélèvement avant 30 ans ?

Il n'est pas recommandé avant 30 ans. À cet âge, le dépistage repose sur la cytologie, car les infections à HPV passagères sont très fréquentes et un test HPV conduirait à des examens inutiles.

Où obtenir un kit d'autoprélèvement ?

Le kit est proposé par certains professionnels de santé ou envoyé dans le cadre du dépistage organisé, selon les territoires. Un médecin, une sage-femme ou le centre régional de coordination des dépistages peut indiquer ce qui existe localement.

Sources

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