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Vaccination contre les papillomavirus : qui, quand et comment

Adolescente et sa mère dans la salle d'attente d'un cabinet médical

Le vaccin HPV protège contre neuf types de papillomavirus humains, à l'origine de la grande majorité des cancers du col de l'utérus et des condylomes. En France, il est recommandé à toutes les filles et à tous les garçons de 11 à 14 ans, en deux doses, et un rattrapage est possible jusqu'à 26 ans révolus depuis décembre 2025.

Pourquoi la vaccination contre les papillomavirus commence dès 11 ans

Les papillomavirus humains (HPV) se transmettent par contact intime, avec ou sans pénétration, et sont si répandus que près de 80 % des personnes sont infectées au cours de leur vie, le plus souvent au début de leur vie sexuelle, selon la Haute Autorité de santé (HAS). Dans environ 90 % des cas, le virus disparaît de lui-même en moins de deux ans. Dans les autres cas, l'infection persiste et peut provoquer, des années plus tard, des lésions précancéreuses puis un cancer.

Santé publique France estime à environ 6 400 le nombre de nouveaux cancers liés aux HPV chaque année en France, dont un quart chez les hommes. Le col de l'utérus en représente un peu plus de 3 100, avec environ 1 100 décès par an ; l'anus et l'oropharynx (le fond de la gorge) en comptent chacun près de 1 500. Le vaccin vise les types impliqués dans environ 90 % des cancers du col et 80 à 90 % des cancers de l'anus.

La vaccination agit avant tout contact avec le virus : elle ne soigne pas une infection déjà installée. C'est pourquoi elle est proposée avant le début de la vie sexuelle, à un âge où la réponse immunitaire est aussi plus forte, ce qui permet de se contenter de deux doses. L'Assurance Maladie rappelle que son efficacité est d'autant plus élevée qu'elle est faite tôt.

Gardasil 9, le vaccin utilisé pour toute nouvelle vaccination

Le Gardasil 9 est le vaccin à utiliser pour toute personne qui n'a jamais été vaccinée contre les HPV. Il couvre les types 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58, dits à haut risque parce qu'ils peuvent causer des cancers, ainsi que les types 6 et 11, responsables de la plupart des condylomes, ces verrues génitales bénignes mais tenaces.

Deux vaccins plus anciens, le Gardasil (quatre types) et le Cervarix (deux types), ont été utilisés pendant des années. Une vaccination commencée avec l'un d'eux doit être terminée avec le même vaccin, sans changer en cours de route, comme le précise Vaccination Info Service, le site de Santé publique France consacré aux vaccins.

Combien de doses selon l'âge de la première injection

Le nombre d'injections dépend de l'âge au moment de la première dose. Les intervalles indiqués sont ceux publiés par l'Assurance Maladie et Vaccination Info Service.

Âge à la première doseNombre de dosesCalendrier
11 à 14 ans révolus2Deuxième dose environ six mois après la première, au plus tard 13 mois après
15 à 26 ans révolus (rattrapage)3Deuxième dose 2 mois après la première, troisième dose 6 mois après la première
Dès 9 ans, enfant candidat à une greffe d'organe3Schéma à trois doses fixé par l'équipe médicale

Un retard dans le calendrier ne fait pas tout recommencer : il suffit de compléter les doses manquantes. La HAS recommande de surveiller la personne vaccinée pendant quinze minutes après l'injection, car un malaise peut survenir dans les minutes qui suivent. Le Gardasil 9 peut être fait le même jour que d'autres vaccins de l'adolescence, comme le rappel diphtérie, tétanos, coqueluche et poliomyélite ou le vaccin contre les méningocoques ACWY.

Au collège, une vaccination gratuite proposée aux élèves de 5e

Depuis la rentrée 2023, une campagne de vaccination contre les HPV est organisée dans les collèges publics et privés sous contrat volontaires. Elle a été reconduite les années suivantes et s'adresse aux élèves qui entrent en 5e, filles et garçons. Le vaccin et l'injection sont alors pris en charge à 100 %.

  • L'accord écrit des deux titulaires de l'autorité parentale est demandé avant la vaccination.
  • Le carnet de santé est utile le jour de l'injection pour noter la dose.
  • Les deux doses peuvent être faites au cours de la même année scolaire ou sur deux années.

Un enfant qui n'a pas été vacciné au collège peut l'être à tout moment chez un professionnel de santé, avec le même schéma en deux doses jusqu'à 14 ans révolus.

Qui peut vacciner et quel remboursement

Le vaccin contre les papillomavirus peut être prescrit et injecté par un médecin, une sage-femme, un infirmier ou un pharmacien, indique l'Assurance Maladie. Il est également disponible dans certains centres de vaccination municipaux ou départementaux.

Depuis le 12 décembre 2025, le Gardasil 9 est remboursé à toutes les jeunes femmes et à tous les jeunes hommes de 11 à 26 ans ; auparavant, le remboursement s'arrêtait à 19 ans, sauf pour certains publics. Le vaccin est pris en charge à 65 % par l'Assurance Maladie, le reste étant le plus souvent couvert par la complémentaire santé. La prise en charge est de 100 % pour la vaccination au collège, pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire et dans certains centres de vaccination.

Effets indésirables : ce que montre la surveillance du vaccin

Les effets indésirables les plus souvent signalés après un vaccin HPV sont des réactions au point d'injection (douleur, rougeur, gonflement) et des malaises ou syncopes au moment de l'injection ou juste après, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Ces malaises justifient le quart d'heure de surveillance.

En 2015, une étude de l'Assurance Maladie et de l'ANSM portant sur plus de deux millions de jeunes filles n'a pas montré d'augmentation du risque de maladies auto-immunes dans leur ensemble. Elle a relevé une association avec le syndrome de Guillain-Barré, rare, de l'ordre de 1 à 2 cas supplémentaires pour 100 000 jeunes filles vaccinées, et une autre avec les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. Les autorités sanitaires ont maintenu la recommandation de vaccination. Toute question sur un antécédent médical se pose au médecin ou au pharmacien avant l'injection.

Être vacciné ne dispense pas du dépistage

Le Gardasil 9 protège contre la plupart des types de HPV responsables de cancers, mais pas contre tous. Les femmes vaccinées gardent donc le même suivi que les autres : le dépistage du cancer du col de l'utérus reste recommandé de 25 à 65 ans, par frottis puis par test HPV. Vaccination et dépistage sont complémentaires, et c'est leur association qui permet de faire reculer ce cancer.

Chez les garçons, aucun dépistage de routine n'existe pour les cancers liés aux HPV, ce qui donne à la vaccination une place d'autant plus importante. Les enjeux propres aux hommes sont détaillés dans l'article sur le papillomavirus chez l'homme, et le fonctionnement général du virus dans le guide tout savoir sur le HPV.

Questions fréquentes sur le vaccin HPV

Peut-on se faire vacciner après ses premiers rapports sexuels ?

La vaccination de rattrapage reste possible et remboursée jusqu'à 26 ans révolus, en trois doses. Elle protège contre les types de HPV que la personne n'a pas encore rencontrés, mais ne traite pas une infection déjà présente, d'où l'intérêt de vacciner tôt.

Le vaccin contre les papillomavirus est-il obligatoire ?

Il est recommandé, pas obligatoire. Il ne fait pas partie des vaccins exigés pour l'entrée en collectivité ; la décision revient à l'adolescent et à ses parents, qui peuvent en parler avec un médecin, une sage-femme, un infirmier ou un pharmacien.

Que faire si la deuxième dose a été oubliée ?

Il n'est pas nécessaire de recommencer le schéma. Il suffit de faire la dose manquante dès que possible, avec le même vaccin que la première injection.

Les garçons sont-ils concernés par la vaccination ?

La vaccination est recommandée à tous les garçons de 11 à 14 ans depuis le 1er janvier 2021, avec le même rattrapage que les filles jusqu'à 26 ans révolus. Elle les protège contre les condylomes et contre plusieurs cancers liés aux HPV.

Sources

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