Le papillomavirus touche les hommes autant que les femmes : il se transmet dans les deux sens et un quart des quelque 6 400 cancers liés aux HPV diagnostiqués chaque année en France concernent des hommes, selon Santé publique France. Faute de test de dépistage de routine chez l'homme, la vaccination des garçons, recommandée depuis 2021, reste la principale protection.
Un virus aussi fréquent chez les hommes que chez les femmes
Les papillomavirus humains (HPV) forment une large famille : environ 200 types ont été identifiés, dont une quarantaine infectent la région génitale et anale. La Haute Autorité de santé (HAS) estime que près de 80 % des personnes seront infectées au cours de leur vie, le plus souvent dans les premières années de leur vie sexuelle. Les hommes ne font pas exception.
Chez l'homme comme chez la femme, l'infection passe le plus souvent inaperçue. Elle ne donne aucun symptôme et le système immunitaire élimine le virus dans la grande majorité des cas, en un à deux ans selon Santé publique France. Un homme peut donc porter et transmettre un HPV sans le savoir. Quand le virus persiste, il peut provoquer des lésions qui évoluent lentement, parfois sur une dizaine d'années ou davantage.
Comment l'homme contracte et transmet le papillomavirus
La transmission se fait lors des contacts sexuels, avec ou sans pénétration : contact de peau à peau, caresses génitales, rapports vaginaux, anaux ou oraux. Le virus se trouve sur la peau et les muqueuses du pénis, du scrotum, de la région anale et de la bouche, ce qui explique que le préservatif ne suffise pas à protéger de l'infection, comme le souligne Santé publique France : il réduit le risque sans couvrir toutes les zones concernées.
Le préservatif garde tout son intérêt contre les autres infections sexuellement transmissibles, comme le VIH, la syphilis ou la chlamydia. Les questions de délai, de couple et de recontamination sont développées dans l'article sur la transmission du papillomavirus.
Les maladies liées aux HPV chez l'homme
Les conséquences du papillomavirus chez l'homme se répartissent en deux groupes, selon le type de virus en cause.
- Les HPV à bas risque, surtout les types 6 et 11, provoquent des condylomes, des verrues génitales bénignes qui siègent le plus souvent sur le pénis, le prépuce, le gland ou autour de l'anus.
- Les HPV à haut risque peuvent provoquer des cancers de l'oropharynx (le fond de la gorge, les amygdales et la base de la langue), de l'anus et, plus rarement, du pénis.
Santé publique France compte chaque année en France environ 1 500 cancers de l'oropharynx et 1 500 cancers de l'anus attribuables aux HPV, hommes et femmes confondus ; les cancers du pénis sont plus rares. Les cancers de l'oropharynx liés aux HPV font l'objet d'un article dédié : HPV et cancer de la gorge.
Pourquoi il n'existe pas de dépistage HPV de routine chez l'homme
Chez la femme, le dépistage par test HPV et frottis vise le col de l'utérus, un organe facile à examiner où les lésions précancéreuses se repèrent et se traitent bien. Chez l'homme, aucun examen équivalent n'est recommandé en population générale : il n'existe pas de test HPV de routine pour le pénis, l'anus ou la gorge. Les recommandations françaises de 2024 sur la prévention du VIH par PrEP, diffusées par le Conseil national du sida et des hépatites virales, précisent ainsi qu'un dépistage des HPV n'est pas recommandé chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes qui ne vivent pas avec le VIH.
Pour certaines personnes plus exposées au cancer de l'anus, notamment les hommes vivant avec le VIH, des recommandations d'experts prévoient un suivi proctologique spécifique, organisé par le médecin qui les suit. Pour tous les autres, la surveillance repose sur l'attention portée aux signes inhabituels et sur une consultation au moindre doute.
Les signes qui doivent amener un homme à consulter.
- Une lésion, une verrue, une grosseur ou une plaie sur le pénis, le scrotum ou autour de l'anus.
- Des saignements, des douleurs ou une gêne anale qui persistent.
- Une gêne dans la gorge, une douleur en avalant ou une grosseur dans le cou qui ne disparaissent pas au bout de quelques semaines.
- Une modification de la voix ou une plaie de la bouche qui ne cicatrise pas.
Ces signes ont souvent une autre cause, mais seul un médecin peut faire la différence ; le médecin traitant oriente si besoin vers un urologue, un proctologue ou un spécialiste ORL.
La vaccination des garçons, la protection la plus efficace
Depuis le 1er janvier 2021, la vaccination contre les HPV est recommandée à tous les garçons de 11 à 14 ans, comme aux filles, à la suite d'un avis de la HAS de décembre 2019. Elle se fait avec le Gardasil 9, en deux doses à cet âge. Depuis décembre 2025, le rattrapage est recommandé et remboursé jusqu'à 26 ans révolus pour tous les jeunes hommes, en trois doses ; il était auparavant limité à 19 ans, sauf pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et certaines personnes immunodéprimées.
Le vaccin protège contre les HPV 6 et 11, responsables des condylomes, et contre sept types à haut risque. Vacciner les garçons les protège eux-mêmes et réduit la circulation du virus entre partenaires, au bénéfice des femmes comme des hommes. Les doses, les âges, la campagne gratuite au collège et le remboursement sont détaillés dans l'article sur le vaccin HPV.
Questions fréquentes sur le papillomavirus chez l'homme
Un homme peut-il faire un test HPV ?
Aucun test HPV de routine n'est proposé aux hommes. Un examen ciblé peut être prescrit par un médecin face à une lésion ou dans le cadre d'un suivi particulier, par exemple pour certaines personnes vivant avec le VIH.
Ma partenaire a un test HPV positif : dois-je faire quelque chose ?
Aucun dépistage n'est prévu pour le partenaire masculin dans cette situation. Il est fréquent que les deux partenaires aient rencontré le virus, souvent sans le savoir ; l'homme peut consulter s'il remarque une lésion génitale ou anale.
Les condylomes de l'homme peuvent-ils évoluer en cancer ?
Les condylomes sont des lésions bénignes qui ne se transforment pas en cancer, selon la HAS. Ils récidivent souvent après traitement, et une infection simultanée par un HPV à haut risque reste possible, d'où l'intérêt de les faire examiner par un médecin.
Peut-on se faire vacciner après 26 ans ?
Le rattrapage recommandé et remboursé s'arrête à 26 ans révolus. Au-delà, la vaccination ne fait pas partie des recommandations générales ; un médecin peut en parler selon la situation de chacun.
Sources
- Infections à papillomavirus : la maladie (Santé publique France)
- La HAS recommande de vacciner aussi les garçons contre les papillomavirus (Haute Autorité de santé)
- Le vaccin contre les HPV est désormais remboursé jusqu'à 26 ans (Assurance Maladie)
- Traitement préventif pré-exposition du VIH, argumentaire (Conseil national du sida et des hépatites virales)




