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Colposcopie : comment se passe l'examen du col et que disent les résultats ?

Cabinet de gynécologie lumineux avec une table d'examen et du matériel médical rangé

La colposcopie est un examen du col de l'utérus réalisé au cabinet d'un gynécologue avec une loupe binoculaire éclairée, le colposcope. Elle est prescrite après un frottis anormal ou un test HPV positif associé à des cellules anormales, et sert à repérer puis à biopsier les zones suspectes.

Une colposcopie fait suite à un dépistage anormal

Le dépistage du cancer du col de l'utérus repose sur un prélèvement de cellules du col : un examen cytologique (le frottis) entre 25 et 29 ans, puis un test HPV de 30 à 65 ans. Lorsque ce prélèvement revient anormal, l'Institut national du cancer (INCa) rappelle que la confirmation du diagnostic repose dans tous les cas sur la colposcopie, avec une éventuelle biopsie. Le détail des âges et des intervalles du dépistage du cancer du col de l'utérus explique à quel moment cet examen entre en jeu.

À partir de 30 ans, la Haute Autorité de santé (HAS) prévoit un tri en deux temps. Un test HPV positif déclenche d'abord une lecture des cellules sur le même prélèvement, sans nouveau rendez-vous. La colposcopie n'est proposée d'emblée que si ces cellules sont anormales.

Résultat du dépistage (30 à 65 ans)Suite prévue par la HAS
Test HPV positif et cellules anormales (ASC-US ou anomalie plus marquée)Colposcopie.
Test HPV positif et cellules normalesNouveau test HPV un an plus tard.
Test HPV de contrôle encore positif à un anColposcopie.
Test HPV de contrôle négatif à un anRetour au dépistage par test HPV cinq ans plus tard.

Le cas d'un frottis normal avec un HPV positif correspond à la deuxième ligne : il conduit à un contrôle, pas à une colposcopie immédiate. Avant 30 ans, après un frottis anormal, le médecin indique les examens complémentaires adaptés au type d'anomalie.

Être convoquée pour une colposcopie ne signifie pas avoir un cancer. Selon la HAS, un test HPV positif montre seulement la présence du virus, et environ 90 % des infections disparaissent dans les deux ans. L'examen sert justement à distinguer une anomalie passagère d'une lésion à surveiller ou à traiter.

L'examen se déroule en quelques minutes au cabinet

D'après l'Assurance maladie, la colposcopie a lieu au cabinet du gynécologue et ne dure que quelques minutes. Elle peut être inconfortable. Son déroulement suit des étapes proches de celles d'un frottis.

  1. La patiente s'installe en position gynécologique, comme pour un frottis.
  2. Le médecin place un spéculum pour écarter les parois du vagin.
  3. Il observe la surface du col et du vagin à travers le colposcope, qui grossit l'image.
  4. Il applique un liquide sur le col pour faire ressortir les zones anormales.
  5. Si une zone paraît suspecte, il prélève un ou plusieurs petits fragments de tissu : c'est la biopsie.

Au moment de prendre rendez-vous, il est utile de demander au cabinet s'il faut éviter une période du cycle et de signaler une grossesse possible ou un traitement en cours. Venir avec le compte rendu du dernier frottis ou du dernier test HPV permet au médecin de cibler l'examen.

La biopsie du col est analysée au laboratoire

La biopsie n'est pas systématique : elle dépend de ce que le médecin observe. Quand elle est faite, le fragment prélevé part en analyse anatomo-cytopathologique. Le médecin pathologiste recherche des cellules anormales, précise leur degré et, en cas de cancer, indique s'il est limité à la surface du col (in situ) ou invasif. C'est cet examen du tissu, et non le frottis seul, qui établit le diagnostic.

Après une biopsie, l'Assurance maladie décrit de faibles crampes abdominales qui ressemblent à des douleurs de règles et de légers saignements vaginaux pendant quelques jours. Le délai de rendu des résultats dépend du laboratoire ; le gynécologue indique au rendez-vous quand et comment ils seront communiqués.

Signes qui doivent faire rappeler le médecin après l'examen.

  • Des saignements plus abondants que des règles ou qui augmentent au lieu de diminuer.
  • Une fièvre ou des frissons dans les jours qui suivent.
  • Des douleurs du bas-ventre qui s'intensifient.
  • Un malaise ou une hémorragie importante : appeler le 15 ou le 112.

Les résultats vont de l'absence de lésion à la lésion précancéreuse

Une colposcopie normale, ou une biopsie sans anomalie, conduit à une surveillance dont le rythme est fixé par le médecin. Lorsque l'analyse trouve des lésions précancéreuses, elles sont classées en bas grade ou en haut grade selon l'aspect des cellules.

Ces lésions ne sont pas des cancers. Les données réunies par Santé publique France sur le site professionnel Vaccination Info Service indiquent qu'entre 32 et 57 % d'entre elles régressent spontanément, surtout celles de bas grade. Certaines sont donc surveillées, d'autres retirées pour éviter qu'elles n'évoluent. L'INCa estime à environ 30 000 le nombre de lésions précancéreuses du col dépistées et traitées chaque année en France, ce qui montre que ce parcours est fréquent.

Si un cancer est diagnostiqué, un bilan d'extension est organisé, en général avec une IRM du pelvis, avant de décider du traitement en équipe spécialisée.

La conisation retire la zone atteinte

Lorsque la lésion est difficile à atteindre ou qu'elle doit être enlevée, le médecin peut proposer une conisation. L'Assurance maladie la décrit comme le retrait, en forme de cône, de la partie suspecte du col, sous anesthésie locorégionale ou générale, en chirurgie ambulatoire. Cette intervention sert à la fois à analyser la lésion en entier et peut suffire à la traiter : quand toutes les cellules anormales sont retirées, aucun autre traitement n'est nécessaire.

Pendant deux à quatre semaines après une conisation, des crampes, une gêne et des saignements sont possibles ; les rapports sexuels et les tampons sont déconseillés sur cette période. L'INCa souligne aussi que les traitements des lésions du col exposent à un risque d'accouchement prématuré : en cas de projet de grossesse, il vaut la peine d'en parler avec le gynécologue et de signaler l'intervention lors du suivi de grossesse.

Le dépistage reprend ensuite son cours

Une colposcopie ne met pas fin au dépistage. Après une lésion traitée, le médecin prévoit des contrôles rapprochés, puis un retour au rythme habituel quand les résultats sont normaux. Vaccinée ou non, chaque femme reste concernée par un dépistage régulier, car la vaccination ne protège pas contre tous les types de HPV à haut risque. Les autres maladies liées au virus et les moyens de s'en protéger sont détaillés dans le dossier pour tout savoir sur le HPV.

Questions fréquentes sur la colposcopie

La colposcopie fait-elle mal ?

L'Assurance maladie la présente comme un examen qui peut causer de l'inconfort mais qui ne dure que quelques minutes. Une biopsie peut provoquer des crampes proches des douleurs de règles et de légers saignements pendant quelques jours.

Combien de temps dure une colposcopie ?

L'examen lui-même prend quelques minutes, auxquelles s'ajoutent l'installation et l'échange avec le gynécologue. La conisation, elle, se fait en chirurgie ambulatoire, avec une sortie le jour même.

Peut-on avoir des rapports sexuels après une colposcopie ?

Après une conisation, l'Assurance maladie déconseille les rapports sexuels et les tampons pendant deux à quatre semaines. Après une simple colposcopie avec biopsie, le gynécologue indique le délai à respecter selon le geste réalisé.

Un test HPV positif conduit-il toujours à une colposcopie ?

Après 30 ans, la colposcopie n'est proposée d'emblée que si les cellules du prélèvement sont anormales. Avec des cellules normales, la HAS prévoit d'abord un nouveau test HPV un an plus tard.

Sources

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