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Cancer de la gorge lié au HPV : qui est concerné et quels signes surveiller ?

Personne de dos consultant un médecin dans un cabinet clair

Environ 35 % des cancers de l'oropharynx, la partie de la gorge située derrière la bouche, sont attribuables aux papillomavirus humains (HPV) en France, selon l'Institut national du cancer. Ils touchent surtout l'amygdale et la base de la langue, et un signe de la gorge qui persiste plus de deux semaines doit faire consulter.

L'oropharynx, zone de la gorge la plus exposée au HPV

L'oropharynx correspond au fond de la gorge visible bouche ouverte : les amygdales, la base de la langue, le voile du palais et la paroi du pharynx. Parmi les cancers de cette région, l'INCa indique que l'amygdale et la base de la langue sont les localisations principalement concernées par les HPV.

Les cancers de la gorge restent majoritairement liés au tabac et à l'alcool. La France présente d'ailleurs une forte incidence de cancers oropharyngés en raison d'une consommation de tabac et d'alcool qui demeure importante, souligne l'INCa. Les tumeurs liées au HPV forment un second groupe, dont la part progresse : selon l'INCa, les cancers anaux et oropharyngés liés aux HPV sont en augmentation depuis 30 ans, notamment chez les femmes.

Combien de cancers de la gorge sont dus au HPV en France

Les fiches repères de l'INCa, fondées sur les estimations de 2015, chiffrent à plus de 6 300 le nombre de cancers potentiellement dus aux HPV chaque année, soit près de 2 % des nouveaux cancers. Le cancer de l'oropharynx en représente 22 %, derrière le col de l'utérus (44 %) et l'anus (24 %).

Repère (France)Donnée publiée par l'INCa
Part des cancers de l'oropharynx attribuables aux HPVEnviron 35 %
Part de l'oropharynx parmi les cancers liés aux HPV22 % (estimations 2015)
Cancers de l'oropharynx liés aux HPV chez les hommes1 060 par an (estimations 2015)
Part des cancers liés aux HPV qui touchent des hommesPrès d'un tiers

Ces chiffres montrent que le papillomavirus ne concerne pas que les femmes : chez l'homme, l'oropharynx est la première localisation des cancers liés aux HPV, devant l'anus. Le sujet est développé dans le dossier sur le papillomavirus chez l'homme.

Le virus atteint la gorge par les contacts sexuels

Les HPV se transmettent lors des contacts sexuels, avec ou sans pénétration. L'INCa précise que le sexe oral est aussi un mode de transmission de ces virus, ce qui explique leur présence dans la gorge. Comme pour le col de l'utérus, la grande majorité des infections disparaissent seules : selon la Haute Autorité de santé, environ 90 % des infections à HPV ont disparu dans les deux ans.

Un cancer ne survient que si un HPV à haut risque persiste pendant des années. Une infection de la gorge ne donne aucun symptôme, et il n'existe pas de test de dépistage de ce virus dans la bouche ou la gorge proposé à la population. Les gestes qui transmettent le virus et le rôle limité du préservatif sont détaillés dans la page sur la transmission du papillomavirus.

Les signes d'un cancer de l'oropharynx

Au début, l'Assurance maladie décrit des cancers de la bouche et de la gorge souvent sans symptôme, ou avec des signes très peu marqués. Ils sont parfois découverts lors d'un examen ORL fait pour un autre motif ou lors de soins dentaires. Ensuite, plusieurs signes peuvent apparaître, isolés ou associés.

  • Une douleur continue de la gorge, toujours au même endroit.
  • Une gêne ou une difficulté pour avaler.
  • Une grosseur du cou qui augmente progressivement de volume, souvent sans douleur au début.
  • Des saignements de la gorge.
  • Une plaie ou une lésion de la bouche qui ne guérit pas, ou une voix enrouée plus de deux semaines.

Signes qui doivent faire consulter rapidement.

  • Un mal de gorge, une gêne pour avaler ou des saignements de la gorge qui persistent plus de deux semaines : Vidal recommande alors de consulter rapidement un médecin.
  • Une grosseur du cou qui ne disparaît pas ou qui grossit, même sans douleur.
  • Une difficulté à respirer ou une impossibilité d'avaler : appeler le 15 ou le 112.

Ces signes ne sont pas spécifiques : une angine, une infection dentaire ou un ganglion réactionnel en sont des causes bien plus fréquentes. Leur persistance justifie un avis médical, et l'article sur les ganglions du cou qui doivent alerter aide à faire la différence.

Le diagnostic passe par l'ORL et une biopsie

Le médecin généraliste oriente vers un ORL. Selon l'Assurance maladie, celui-ci interroge le patient, examine la bouche et la gorge, palpe le cou, puis réalise si besoin une endoscopie sous anesthésie générale, avec des biopsies analysées au microscope. Un scanner, une IRM ou une TEP complètent le bilan pour préciser l'étendue de la tumeur.

Le traitement est ensuite décidé en réunion de spécialistes, selon la localisation et le stade de la tumeur.

Prévenir : vaccination, tabac, alcool et suivi dentaire

La prévention repose sur plusieurs leviers, qui ne se valent pas tous au regard des connaissances actuelles.

  • Le vaccin Gardasil 9 protège contre le HPV 16 et six autres types à haut risque. Il est recommandé aux filles et aux garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu'à 26 ans révolus. Vaccination Info Service précise toutefois que les vaccins n'ont pas, à ce jour, d'indication pour prévenir les cancers de l'oropharynx, faute de recul suffisant.
  • Arrêter le tabac et limiter l'alcool réduit le risque de la majorité des cancers de la gorge ; Tabac Info Service répond au 39 89.
  • Le préservatif diminue les contacts avec le virus, sans protection complète.
  • Un contrôle régulier chez le dentiste et une consultation devant tout signe qui dure permettent un diagnostic plus précoce.

La vaccination des garçons, recommandée depuis 2021, vise les HPV en cause dans les condylomes et plusieurs cancers ano-génitaux. Le bénéfice sur les cancers de la gorge reste à confirmer.

Questions fréquentes sur le HPV et le cancer de la gorge

Un HPV dans la gorge donne-t-il des symptômes ?

L'infection elle-même passe inaperçue et disparaît le plus souvent seule. Seule une lésion installée provoque des signes, comme une douleur persistante, une gêne pour avaler ou une grosseur du cou.

Peut-on se faire dépister du HPV dans la gorge ?

Aucun dépistage de ce virus dans la gorge n'est proposé en France. La vigilance repose sur les signes qui persistent plus de deux semaines et sur l'examen de la bouche chez le dentiste ou le médecin.

Le vaccin contre le HPV protège-t-il du cancer de la gorge ?

Il protège contre le HPV 16, le type le plus souvent en cause, mais son efficacité sur les cancers de l'oropharynx n'est pas encore démontrée : les autorités françaises ne retiennent pas cette indication à ce jour.

Les non-fumeurs sont-ils concernés ?

Les cancers de la gorge liés au HPV peuvent survenir chez des personnes qui ne fument pas et ne boivent pas d'alcool. Un signe qui dure justifie donc une consultation, quel que soit le mode de vie.

Sources

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