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Comment se transmet le papillomavirus et comment réduire le risque ?

Couple de dos marchant main dans la main dans un parc

Le papillomavirus se transmet presque exclusivement lors des rapports sexuels, avec ou sans pénétration, par contact de la peau ou des muqueuses, selon la Haute Autorité de santé. Le préservatif réduit le risque sans l'annuler ; la vaccination protège contre les types de HPV les plus dangereux.

Le virus passe par la peau et les muqueuses génitales

Les papillomavirus humains (HPV) forment une famille de près de 200 types. Une quarantaine infectent la sphère génitale, et l'Institut national du cancer (INCa) en classe 12 à haut risque, dont les HPV 16 et 18. D'autres, comme les HPV 6 et 11, sont à bas risque et provoquent des verrues génitales, les condylomes.

L'infection est si répandue qu'environ 80 % des adultes en rencontrent au moins une au cours de leur vie. Les données réunies par Santé publique France sur Vaccination Info Service précisent que plus de 60 % des premières infections surviennent dans les cinq ans qui suivent les premiers rapports sexuels. Le plus souvent, elle ne donne aucun symptôme : la personne infectée ne le sait pas et peut transmettre le virus sans en avoir conscience.

Les verrues des mains et des pieds sont aussi dues à des papillomavirus, mais à d'autres types, qui se transmettent par la peau, notamment autour des piscines. La verrue plantaire n'a donc pas de lien avec les HPV génitaux.

Les gestes qui transmettent le papillomavirus

Pour la HAS, le virus se transmet par contact des muqueuses ou de la peau, presque toujours dans un cadre sexuel. Vaccination Info Service le résume ainsi : tout contact sexuel, avec ou sans pénétration, comporte un risque d'infection. En pratique, les situations décrites par les autorités de santé sont les suivantes.

  • Les rapports vaginaux et anaux, avec ou sans préservatif.
  • Les contacts génitaux sans pénétration, peau contre peau ou muqueuse contre muqueuse.
  • Le sexe oral, que l'INCa cite comme un mode de transmission à part entière.
  • Les caresses génitales, puisque le virus se trouve sur la peau des zones génitales et pas seulement dans les sécrétions.

Le sexe oral explique que certains HPV atteignent la gorge, où ils peuvent être en cause dans des cancers de l'amygdale et de la base de la langue : le lien entre HPV et cancer de la gorge passe par cette voie. Une femme peut être infectée même avec un seul partenaire, rappelle la HAS.

Le préservatif protège, mais pas complètement

La HAS indique que les préservatifs protègent imparfaitement contre l'infection à HPV, parce qu'ils ne couvrent pas l'intégralité des parties génitales. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) le formule de la même façon : le préservatif prévient efficacement l'infection lors d'un rapport, sans offrir une protection complète. La base du pénis, le scrotum, la vulve ou le pubis restent exposés.

Le préservatif garde tout son intérêt : il diminue la quantité de contacts avec le virus et reste le moyen de se protéger du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles. Contre le papillomavirus, il ne remplace ni la vaccination ni le dépistage.

Les délais entre la contamination, les lésions et un éventuel cancer

Le papillomavirus agit lentement, ce qui rend impossible de dater une contamination à partir d'un résultat. Les durées publiées par les autorités de santé donnent des repères.

ÉtapeDélai publiéSource
Apparition de condylomes après la contaminationEnviron 3 mois en moyenne, de 3 semaines à 8 moisVaccination Info Service
Durée médiane de présence du virus sur le colEnviron 15 mois (12 mois au niveau de l'anus)Vaccination Info Service
Disparition spontanée de l'infectionEnviron 90 % des cas dans les 2 ansHAS
Évolution d'une infection persistante vers un cancer10 à 20 ansHAS

Près de 10 % des infections persistent, selon la HAS. C'est cette persistance, surtout avec un HPV à haut risque, qui peut entraîner des lésions précancéreuses, que le dépistage permet de repérer et de traiter bien avant un cancer.

Dans le couple, un test positif ne désigne personne

Découvrir un test HPV positif soulève souvent une question de confiance. Les délais du tableau montrent qu'un virus détecté aujourd'hui peut avoir été transmis des mois, voire des années plus tôt, puis être resté silencieux. Un résultat positif ne dit ni quand, ni par qui le virus a été transmis.

La HAS précise qu'une infection à HPV n'empêche pas de continuer à avoir des rapports sexuels. Le programme national de dépistage concerne les femmes de 25 à 65 ans ; il n'existe pas de test HPV proposé aux hommes dans ce cadre. Un homme qui remarque une lésion génitale, une verrue ou une plaie qui ne guérit pas consulte son médecin, comme l'explique le dossier sur le papillomavirus chez l'homme.

Vaccination, préservatif et dépistage se complètent

Le vaccin Gardasil 9 vise neuf types de HPV : les 6 et 11, responsables d'environ 90 % des condylomes, et sept types à haut risque (16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58). Il est recommandé aux filles et aux garçons de 11 à 14 ans en deux doses, avec un rattrapage jusqu'à 26 ans révolus en trois doses. La HAS rappelle que la protection est meilleure quand le vaccin est fait tôt, avant les premiers contacts avec le virus, et qu'il n'agit pas sur une infection déjà présente.

  • La vaccination prévient l'infection par les types les plus souvent en cause dans les cancers et les condylomes.
  • Le préservatif réduit le risque de transmission à chaque rapport.
  • Le dépistage du col de l'utérus, de 25 à 65 ans, repère les lésions dues aux virus que le vaccin ne couvre pas ou contractés avant la vaccination.

Questions fréquentes sur la transmission du papillomavirus

Peut-on attraper le papillomavirus sans rapport sexuel ?

La HAS décrit une transmission presque exclusivement sexuelle, avec ou sans pénétration. Les HPV attrapés à la piscine ou dans les douches collectives sont ceux des verrues de la peau, d'autres types que les HPV génitaux.

Le papillomavirus se transmet-il par la bouche ?

Le sexe oral est un mode de transmission reconnu par l'INCa. Il permet au virus d'atteindre la gorge, où certains types à haut risque peuvent persister.

Faut-il arrêter les rapports sexuels après un test positif ?

Selon la HAS, une infection à HPV n'empêche pas de continuer à avoir des rapports sexuels. Le suivi prévu par le médecin, contrôle ou colposcopie, compte davantage que l'arrêt des rapports.

Une personne vaccinée peut-elle encore être infectée ?

Le vaccin ne protège pas contre tous les types de HPV à haut risque ni contre une infection contractée avant la vaccination. Le dépistage reste donc nécessaire chez les femmes vaccinées.

Sources

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