Une perruque portée pendant une chimiothérapie, appelée prothèse capillaire, se choisit sur prescription médicale, chez un distributeur agréé qui permet l'essayage, avant ou après le début de la chute des cheveux. Depuis le 1er janvier 2026, l'Assurance maladie la rembourse sur une base de 350 €, et une perruque de classe 1 n'entraîne aucun reste à charge.
Une chute de cheveux temporaire, qui commence quelques semaines après la première cure
La chute des cheveux liée à la chimiothérapie dépend des médicaments utilisés : certains la provoquent, d'autres non, et l'équipe soignante sait dire à l'avance si elle est attendue. Selon l'Institut national du cancer (INCa), elle commence en général 15 jours à 3 semaines après la première perfusion. Souvent progressive, elle est toujours temporaire : les cheveux recommencent à pousser environ 6 à 8 semaines après la fin du traitement.
À la repousse, les cheveux peuvent être différents au début, plus fins, bouclés alors qu'ils étaient raides ou l'inverse, puis retrouvent progressivement leur aspect. Les sourcils, les cils et les poils peuvent aussi tomber. Pour certains traitements, un casque réfrigérant est proposé pendant la séance afin de limiter la chute ; son efficacité dépend du produit perfusé et varie d'une personne à l'autre.
Perdre ses cheveux peut bouleverser l'image de soi. Une perruque n'a rien d'obligatoire : foulard, turban, bonnet ou crâne nu sont des choix tout aussi légitimes, et ils peuvent alterner avec la perruque selon les jours. Après un cancer du col de l'utérus ou tout autre cancer traité par chimiothérapie, chacun avance à son rythme.
Les critères pour choisir une prothèse capillaire
Le choix d'une perruque pendant une chimiothérapie repose sur quelques critères concrets, à vérifier pendant l'essayage :
- la répartition des cheveux, qui doit être homogène pour un rendu naturel ;
- le bonnet, dont les coutures doivent rester discrètes et ne pas se sentir sur un cuir chevelu devenu sensible ;
- l'aération, qui évite d'avoir trop chaud, surtout en été ;
- la taille, que la plupart des modèles permettent d'ajuster grâce à de petits élastiques ;
- la couleur et la coupe, souvent choisies proches des cheveux habituels pour faciliter le quotidien.
L'INCa conseille de prévoir environ une heure sur rendez-vous, de se faire accompagner, d'essayer plusieurs modèles, de les photographier et de noter la référence exacte de celui qui convient. Prendre son temps, sans céder à la pression commerciale, et vérifier les conditions d'échange font partie des bons réflexes. Les boutiques spécialisées et les sites qui présentent leurs modèles de perruque femme aident à comparer longueurs, couleurs et montages avant l'essayage.
Choisir avant le début du traitement permet de le faire en ayant encore ses cheveux et en se sentant en forme. L'INCa rappelle qu'un achat trop précoce peut cependant se révéler inutile si la chevelure est finalement préservée.
Cheveux synthétiques ou naturels : ce qui change au quotidien
La fibre synthétique et le cheveu naturel ont chacun leurs avantages, et la classe de remboursement dépend en partie de cette composition.
| Critère | Fibres synthétiques | Cheveux naturels |
|---|---|---|
| Entretien | Lavage 1 à 2 fois par mois avec un shampoing spécial, la coiffure se garde | Nettoyage confié de préférence au vendeur |
| Rendu | Naturel sur les modèles bien implantés | Le plus proche des vrais cheveux |
| Chaleur | Fibres abîmées par les appareils chauffants | Coiffage possible |
| Classe de remboursement | Classes 1 et 2 | Classes 2 à 4 selon la part de cheveux naturels |
Pour un port de quelques mois, une perruque synthétique de bonne qualité se révèle souvent plus simple à vivre pendant la fatigue des traitements. Un modèle en cheveux naturels convient plutôt à un port long ou à un besoin de coiffure précise.
Le remboursement par l'Assurance maladie en 2026
Les prothèses capillaires sont prises en charge pour les adultes et les enfants qui ont perdu leurs cheveux à cause d'une maladie ou de son traitement, comme une chimiothérapie. Les conditions fixées par l'Assurance maladie sont les suivantes :
- une prescription médicale, renouvelable tous les 12 mois, établie par tout médecin dans le cadre d'un parcours de soins en oncologie ou par un dermatologue ;
- un achat auprès d'un distributeur agréé spécialisé, qui propose plusieurs modèles et permet l'essayage dans l'intimité ;
- une prise en charge qui peut être intégrale pour les personnes en affection de longue durée, comme un cancer.
| Type de prothèse | Base de remboursement | Prix limite de vente | Reste à charge |
|---|---|---|---|
| Classe 1 : fibres synthétiques, au moins 30 cm² implantés à la main | 350 € | 350 € | 0 € |
| Classe 2 : au moins 30 % de cheveux naturels, ou synthétique avec plus de 100 cm² implantés à la main | 350 € | 700 € | 0 € avec un contrat de complémentaire responsable |
| Classe 3 : au moins 50 % de cheveux naturels, plus de 50 cm² implantés à la main | 350 € | 1 000 € | De 0 à 650 € selon la complémentaire |
| Classe 4 : cheveux naturels à implantation intégrale | 350 € | Aucun | Selon la complémentaire |
| Prothèse partielle à montage manuel | 125 € | 125 € | 0 € |
Chaque prothèse totale ouvre aussi droit à la prise en charge d'un accessoire textile. Les accessoires comme les bonnets, turbans ou foulards sont remboursés à raison de 3 par an, sur une base de 20 € pour les trois et un prix limite de 40 €. Au-delà de la classe 1, le rôle de la complémentaire santé devient décisif : un devis permet de vérifier le reste à charge avant l'achat.
Entretenir sa perruque et prendre soin du cuir chevelu
Une perruque synthétique craint la chaleur. L'INCa recommande de la tenir à distance des sources de chaleur intense, comme un four, un barbecue, une bougie ou la vapeur d'eau bouillante, et de ne pas utiliser de sèche-cheveux, de fer ni de laque. La perruque ne se porte pas la nuit : un turban ou un petit bonnet en coton ou en éponge la remplace. La piscine et la plage sont à éviter, sauf modèles prévus pour.
Le cuir chevelu se lave régulièrement avec un shampoing doux, puis peut recevoir une crème non grasse. En été, un foulard ou un turban en coton est parfois plus supportable en cas de transpiration ou de démangeaisons. Pendant la repousse, continuer à porter perruque, foulard ou chapeau ne gêne pas la croissance des cheveux. Toute irritation persistante se signale à l'équipe soignante.
Questions fréquentes sur la perruque pendant une chimiothérapie
Quand acheter sa perruque ?
Avant le début de la chimiothérapie, quand on a encore ses cheveux, ou après le début de la chute : les deux sont possibles selon l'INCa. Un achat très précoce peut être inutile si les cheveux sont préservés.
Qui peut prescrire une prothèse capillaire ?
Tout médecin qui intervient dans le parcours de soins en oncologie, ou un dermatologue, selon l'Assurance maladie. La prescription se renouvelle tous les 12 mois.
Peut-on acheter sa perruque sur internet ?
Le premier achat se fait chez un distributeur agréé qui permet l'essayage ; l'Assurance maladie indique qu'un renouvellement peut ensuite se faire en ligne.
Les cheveux repoussent-ils après une chimiothérapie ?
Oui. La chute est toujours temporaire selon l'INCa, et les cheveux recommencent à pousser environ 6 à 8 semaines après la fin du traitement, parfois avec un aspect différent au début.




