Gardasil 9 protège contre neuf génotypes de papillomavirus humains, Cervarix contre deux : la différence entre les vaccins Gardasil et Cervarix tient d'abord là. En France, la vaccination débute toujours par Gardasil 9, chez la femme comme chez l'homme, et le vaccin Cervarix sert à terminer un schéma déjà entamé. Chaque étude clinique confirme l'écart de prévention pour les verrues génitales.
- Gardasil 9 (MSD) : génotypes 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58, environ 90 % des cancers du col de l'utérus visés.
- Cervarix (GSK) : génotypes 16 et 18 seulement, environ 70 % des cancers du col visés, aucune action sur les verrues génitales.
- Initiation en France : Gardasil 9 uniquement, avec un rattrapage ouvert jusqu'à 26 ans révolus aux filles et aux garçons depuis décembre 2025.
- Un schéma commencé se termine avec le même produit : les deux vaccins ne sont pas interchangeables.
Gardasil et Cervarix, deux vaccins anti-HPV qui ne visent pas les mêmes virus
Gardasil et Cervarix appartiennent à la même famille de vaccins : ils contiennent des pseudo-particules virales, c'est-à-dire l'enveloppe du papillomavirus humain (HPV, que le Québec nomme VPH) reconstituée sans son matériel génétique. Ces particules ne peuvent pas infecter les cellules, mais le système immunitaire les reconnaît et fabrique des anticorps contre les souches correspondantes. La différence porte sur le nombre de génotypes inclus dans chaque produit.
Le vaccin Cervarix, mis au point par GSK, est un vaccin bivalent : il contient les génotypes 16 et 18, les deux papillomavirus humains les plus souvent retrouvés dans le cancer du col de l'utérus. Le vaccin Gardasil de première génération, de MSD, était un vaccin quadrivalent (6, 11, 16, 18) ; son successeur, Gardasil 9, est un vaccin nonavalent qui ajoute les génotypes 31, 33, 45, 52 et 58. Les génotypes 6 et 11 ne donnent pas de cancer, mais ils provoquent la grande majorité des verrues génitales, ou condylomes, ce qui explique que Cervarix n'ait aucun effet sur cette maladie très fréquente.
Un autre écart concerne l'adjuvant, la substance qui renforce la réponse immunitaire. Cervarix utilise l'AS04, une association d'hydroxyde d'aluminium et d'un dérivé lipidique (MPL), tandis que Gardasil 9 contient un sel d'aluminium seul (sulfate d'hydroxyphosphate d'aluminium amorphe). Cette formulation donne à Cervarix des taux d'anticorps élevés contre 16 et 18, mais le taux d'anticorps ne décide pas à lui seul de la protection : ce qui compte pour la personne vaccinée, c'est la liste des virus couverts.
Quels types d'HPV chaque vaccin couvre-t-il ?
Les types d'HPV couverts forment le premier critère de choix entre le vaccin Gardasil 9 et le vaccin Cervarix. Sur plus de 200 papillomavirus humains identifiés, une douzaine sont dits à haut risque oncogène, parce qu'une infection persistante par l'un d'eux peut évoluer pendant des années vers des lésions précancéreuses puis vers un cancer. Les génotypes 16 et 18, présents dans les deux vaccins, sont responsables d'environ 70 % des cancers du col de l'utérus selon les données reprises par MesVaccins.net.
Les cinq génotypes supplémentaires de Gardasil 9 (31, 33, 45, 52 et 58) portent cette part à environ 90 % des cancers du col. Ils ne relèvent pas d'un ajout théorique : le 45 se retrouve souvent dans les adénocarcinomes du col, une forme plus difficile à repérer au frottis, et les 31, 33, 52 et 58 apparaissent fréquemment dans les anomalies précancéreuses de haut grade. Cervarix offre une protection croisée partielle contre certains virus apparentés, notamment le 31, le 33 et le 45, mais cette protection reste incomplète et ne s'étend pas aux 52 et 58.
Le vaccin Gardasil 9 vise aussi les génotypes 6 et 11, à l'origine des condylomes. Cette maladie bénigne mais récidivante touche les deux sexes, souvent dans les premières années de vie sexuelle, et ses traitements locaux (cryothérapie, crèmes, laser) se répètent parfois sur plusieurs consultations. Côté localisation des cancers, le papillomavirus ne se limite pas au col : il cause aussi des cancers de l'anus, de la vulve, du vagin, du pénis et une partie des cancers de l'oropharynx, dont le lien entre HPV et cancer de la gorge se documente de mieux en mieux.
Le tableau comparatif Gardasil 9 et Cervarix, critère par critère
Le comparatif ci-dessous reprend les caractéristiques de chaque vaccin anti-HPV telles que les décrivent les fiches de MesVaccins.net et Vaccination Info Service, consultées en octobre 2026.
| Critère | Gardasil 9 (MSD) | Cervarix (GSK) |
|---|---|---|
| Valence | Nonavalent : 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58 | Bivalent : 16 et 18, protection croisée partielle |
| Part des cancers du col visée | Environ 90 % | Environ 70 % |
| Verrues génitales | Oui (génotypes 6 et 11) | Non |
| Adjuvant | Sel d'aluminium | AS04 (aluminium + MPL) |
| Schéma de 9 à 14 ans | 2 injections | 2 injections |
| Schéma à partir de 15 ans | 3 injections (M0, M2, M6) | 3 injections (M0, M1, M6) |
| Place en France | Seul vaccin pour commencer une vaccination | Poursuite d'un schéma déjà commencé |
| Remboursement | 65 %, de 11 à 26 ans révolus | 65 %, dans les indications du calendrier vaccinal |
Le verdict tient en deux lignes : Gardasil 9 pour toute nouvelle vaccination, quel que soit le sexe ; Cervarix seulement pour la personne qui a déjà reçu une première injection de ce produit et doit compléter son schéma. Aucune situation courante ne justifie aujourd'hui de commencer par le vaccin bivalent quand le nonavalent est disponible en pharmacie.
Quel vaccin est le plus efficace contre le cancer du col et les lésions ?
L'efficacité de Gardasil 9 dépasse celle de Cervarix dès que l'on compte l'ensemble des virus en cause, et l'avantage se voit dans les essais cliniques. Un essai international publié dans le New England Journal of Medicine en 2015 (Joura et coll.), mené chez plus de 14 000 jeunes femmes de 16 à 26 ans, a mesuré une efficacité d'environ 97 % du vaccin nonavalent contre les lésions de haut grade liées aux cinq génotypes supplémentaires, par rapport au vaccin quadrivalent.
La revue Cochrane publiée le 24 novembre 2025 apporte une vue d'ensemble : 60 études, plus de 157 000 participants. Chez les 15-25 ans, la vaccination réduit de 60 % les lésions de haut grade du col (CIN2+) liées aux génotypes vaccinaux et de 30 % ces lésions tous virus confondus, avec un niveau de confiance modéré. Pour les anomalies de haut grade de la vulve et du vagin, Gardasil et Gardasil 9 montrent une réduction, alors que le résultat de Cervarix n'atteint pas la significativité. Pour les verrues ano-génitales, Gardasil 9 apparaît comme le plus efficace chez les 15-25 ans, avec un niveau de confiance élevé.
La comparaison directe entre le vaccin bivalent et le vaccin quadrivalent a fait l'objet d'un essai dédié (HPV-010) : l'immunogénicité de Cervarix, mesurée par les anticorps contre les papillomavirus 16 et 18, y dépassait celle de Gardasil dans chaque groupe d'adultes suivi. Cette analyse ne prouve pas une meilleure prévention du cancer, et l'Agence européenne des médicaments a autorisé chaque produit sur ses propres essais d'efficacité, sans classement entre eux. Pour l'utilisation courante, l'écart de génotypes couverts pèse donc davantage que le niveau d'anticorps contre les papillomavirus 16 et 18.
Les données de vie réelle vont dans le même sens. Une étude suédoise portant sur 1,7 million de femmes, publiée dans le même journal en 2020, a associé la vaccination par le vaccin quadrivalent à une forte baisse du cancer invasif du col, d'autant plus nette que l'injection avait eu lieu avant 17 ans. La revue Cochrane rappelle en revanche qu'aucun essai randomisé n'a encore duré assez longtemps pour mesurer directement le cancer, d'où l'importance des suivis de population. Quel que soit le vaccin reçu, le dépistage du cancer du col par test HPV ou frottis reste indispensable à partir de 25 ans, puisque aucun produit ne couvre tous les génotypes oncogènes.
Gardasil ou Cervarix chez le garçon
La vaccination des garçons contre les papillomavirus humains se fait en France avec Gardasil 9, recommandée pour eux depuis le 1er janvier 2021. Avant cette date, seules les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes bénéficiaient d'une recommandation, jusqu'à 26 ans. Le choix du vaccin nonavalent pour les garçons s'explique par les maladies qui les concernent : verrues génitales, cancers de l'anus, du pénis et de l'oropharynx, où les génotypes 6, 11 et 16 dominent.
Cervarix dispose d'une autorisation à partir de 9 ans et d'une extension d'indication pour les lésions précancéreuses et les cancers de l'anus. Des essais chez des garçons de 10 à 18 ans ont montré une réponse en anticorps comparable à celle des filles, mais ce vaccin ne protège pas contre les condylomes, et les autorités françaises ne le retiennent pas pour les garçons. La vaccination des garçons sert aussi la population entière : en réduisant la circulation des virus, elle protège indirectement les partenaires, quel que soit leur sexe.
Le groupe HSH (relations sexuelles entre partenaires masculins) garde une attention particulière, car le risque de cancer de l'anus y est plus élevé. La revue Cochrane note toutefois des données encore limitées dans ce groupe pour les anomalies anales précancéreuses, avec un niveau de confiance faible, ce qui plaide pour une vaccination précoce, avant les premiers contacts avec les virus.
Schéma de vaccination : combien de doses et à quel moment ?
Le nombre de doses de vaccin anti-HPV dépend de l'âge à la première injection, pour Gardasil 9 comme pour Cervarix. Le calendrier vaccinal recommande la vaccination entre 11 et 14 ans révolus, avec deux injections séparées de 5 à 13 mois. Cette période précède le plus souvent le début de la vie sexuelle, et la réponse immunitaire y est meilleure qu'à l'âge adulte, ce qui permet de se passer d'une troisième dose.
Dans le cadre du rattrapage vaccinal, entre 15 et 26 ans révolus, le schéma de Gardasil 9 comporte trois injections : la deuxième deux mois après la première, la troisième six mois après la première. Le schéma de Cervarix chez les 15 ans et plus place la deuxième injection un mois après la première, la troisième à six mois. Une injection oubliée ne fait pas tout recommencer : il suffit de compléter les doses manquantes, même après un long délai.
Pour les enfants candidats à une transplantation d'organe solide, la recommandation commence dès 9 ans, avec un schéma en trois doses quel que soit l'âge, car le traitement anti-rejet diminue ensuite la réponse immunitaire. La vaccination se fait par injection intramusculaire, le plus souvent dans le haut du bras. Le médecin, la sage-femme, l'infirmière ou le pharmacien surveille la personne vaccinée pendant une quinzaine de minutes, en raison du risque de malaise rapporté surtout chez les adolescents.
Peut-on passer de Cervarix à Gardasil 9 en cours de route ?
La question de l'interchangeabilité revient souvent chez les parents dont l'enfant a reçu une première dose de Cervarix. La réponse des recommandations françaises tient en une règle : les vaccins HPV ne sont pas interchangeables, et une vaccination commencée avec un produit se termine avec le même. Le vaccin Cervarix reste disponible en France, GSK ayant renoncé en mars 2023 à l'arrêt de commercialisation annoncé quelques mois plus tôt, ce qui permet de finir les schémas déjà commencés.
Une personne entièrement vaccinée par Cervarix peut-elle recevoir ensuite Gardasil 9 pour élargir sa protection ? Aucune recommandation française ne prévoit ce complément en routine. Le médecin ou la sage-femme peut l'envisager au cas par cas, par exemple quand une personne vaccinée jeune par le vaccin bivalent présente des condylomes récidivants ou un facteur de risque particulier.
Effets secondaires : ce que disent les données de sécurité
Les effets secondaires de Gardasil 9 et de Cervarix restent surtout locaux et passagers. La douleur au site d'injection, la rougeur et le gonflement sont très fréquents : la fiche de Cervarix rapporte une douleur après près de 78 % des doses, et la fiche de Gardasil 9 classe aussi ces réactions parmi les très fréquentes. Maux de tête, fatigue, fièvre modérée, nausées ou douleurs musculaires peuvent suivre pendant un à deux jours.
Les malaises avec perte de connaissance (syncopes), parfois accompagnés de mouvements brefs, surviennent dans les minutes qui suivent l'injection, surtout chez l'adolescent ; d'où la position assise ou allongée et la surveillance d'un quart d'heure. Les réactions allergiques sévères restent exceptionnelles. La tolérance des deux vaccins contre les papillomavirus fait l'objet d'un suivi continu : tout professionnel de santé, comme toute personne vaccinée, peut déclarer un effet indésirable sur le portail de signalement du ministère, et les effets indésirables déclarés alimentent les rapports de pharmacovigilance de l'ANSM.
Sur les risques graves, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l'Assurance Maladie ont publié en 2015 une étude portant sur plus de deux millions de jeunes filles françaises : elle ne montre pas d'augmentation globale des maladies auto-immunes après vaccination, mais une légère hausse du syndrome de Guillain-Barré, de l'ordre d'un à deux cas pour 100 000 filles vaccinées. La revue Cochrane de 2025 conclut, avec un niveau de confiance élevé, à l'absence d'excès d'effets indésirables graves sur 39 études et plus de 97 000 participants, sans différence de risque entre les vaccins. La vaccination n'est pas recommandée pendant la grossesse par précaution ; une injection faite sans savoir que l'on était enceinte ne justifie aucune inquiétude particulière, mais les doses suivantes attendent la fin de la grossesse.
Qui doit se faire vacciner, et jusqu'à quel âge ?
La vaccination contre les papillomavirus concerne toutes les filles et tous les garçons de 11 à 14 ans révolus, avec un rattrapage jusqu'à 26 ans révolus. Cette limite date d'une recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) de mai 2025 : son avis relatif au rattrapage vaccinal l'a élargi aux jeunes femmes et aux jeunes hommes de 20 à 26 ans, alors qu'il s'arrêtait à 19 ans révolus pour la population générale. L'arrêté du 9 décembre 2025, publié au Journal officiel le 12 décembre 2025, a étendu la prise en charge de Gardasil 9 à toute cette tranche.
La campagne de vaccination dans les collèges, lancée à la rentrée 2023 en classe de 5e, a changé l'échelle de la couverture vaccinale. Selon Vaccination Info Service, environ 420 000 adolescents de 12 ans ont reçu une première dose, soit 48 % de la classe d'âge, avec 55 % des filles et 41 % des garçons, une hausse de 17 points entre 2022 et 2023. La campagne se poursuit en 2025-2026, avec le consentement écrit des deux titulaires de l'autorité parentale, et les deux doses peuvent se faire sur une ou deux années scolaires.
Après 26 ans, la vaccination n'est plus recommandée en routine : la revue Cochrane ne trouve que peu ou pas de bénéfice chez les femmes de plus de 25 ans vaccinées par Cervarix ou Gardasil, la plupart ayant déjà rencontré les virus. Le vaccin ne traite pas non plus une infection existante. Une femme suivie pour une anomalie du col, ou opérée par conisation, gagne à en parler avec son gynécologue ou sa sage-femme, qui juge seul l'intérêt d'une vaccination dans sa situation. Le site Vaccination Info Service tient à jour les recommandations officielles.
Quel est le coût des vaccins et leur prise en charge ?
Le coût du vaccin Gardasil 9 et celui du vaccin Cervarix sont remboursés à 65 % par l'Assurance Maladie sur prescription, dans les indications du calendrier vaccinal, et la complémentaire santé prend le plus souvent en charge le reste. L'acte d'injection est lui aussi remboursé, à 70 % quand il est réalisé par un médecin, une sage-femme ou un pharmacien.
La prise en charge monte à 100 % dans trois situations : la vaccination au collège, gratuite pour les familles ; les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ; certains centres de vaccination municipaux ou départementaux et centres de santé sexuelle. Le prix public des deux vaccins diffère, mais cette différence n'entre pas dans la décision, puisque seul Gardasil 9 sert à commencer une vaccination. Depuis décembre 2025, une personne de 20 à 26 ans qui n'a jamais reçu de dose de vaccin obtient le même remboursement qu'un adolescent, ce qui supprime le principal frein financier du rattrapage. Les autres sujets de santé courante restent regroupés dans la rubrique santé : papillomavirus, dépistage et soins du quotidien.
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Quelle est la différence entre Gardasil et Cervarix ?
Gardasil 9 couvre neuf génotypes de papillomavirus (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) et protège contre les verrues génitales ; Cervarix couvre les génotypes 16 et 18. Gardasil 9 vise environ 90 % des cancers du col, Cervarix environ 70 %.
Faut-il refaire une vaccination complète si l'on a reçu une seule dose de Cervarix ?
Non, la vaccination se complète avec Cervarix en ajoutant les doses manquantes, sans recommencer le schéma, même plusieurs années après la première injection.
Le vaccin HPV protège-t-il contre une infection déjà présente ?
Le vaccin prévient une infection future mais ne fait pas disparaître une infection en cours. Il garde un intérêt contre les génotypes que la personne n'a pas encore rencontrés, ce qui justifie le rattrapage jusqu'à 26 ans.
Le vaccin dispense-t-il du dépistage du cancer du col ?
Non, le dépistage par test HPV ou frottis reste recommandé de 25 à 65 ans, que la vaccination ait eu lieu avec Gardasil 9, Gardasil ou Cervarix, car aucun vaccin ne couvre tous les génotypes à haut risque.




