Au début, le cancer du col de l'utérus ne donne le plus souvent aucun symptôme ; les premiers signes, comme des saignements après un rapport sexuel ou entre les règles, apparaissent en général quand la tumeur s'est développée. Plus de 3 100 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France en 2023 selon l'Institut national du cancer (INCa), qui estime que neuf cancers du col sur dix pourraient être évités grâce au dépistage.
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Les symptômes du cancer du col de l'utérus, souvent tardifs

Le cancer du col de l'utérus se développe lentement, à partir de lésions précancéreuses qui ne provoquent aucune gêne. Lorsque des symptômes apparaissent, l'Assurance maladie cite principalement :
- des saignements après un rapport sexuel ;
- des saignements entre les règles, en dehors des menstruations ;
- des douleurs pendant les rapports sexuels ;
- des pertes vaginales claires ou teintées de sang ;
- des douleurs du bas-ventre ou du bas du dos ;
- une gêne pour uriner.
Ces signes ne sont pas propres au cancer : une infection, une infection sexuellement transmissible ou une lésion bénigne du col peuvent les provoquer. Ils justifient pourtant toujours une consultation chez un médecin, un gynécologue ou une sage-femme, surtout s'ils persistent ou reviennent. Tout saignement survenant après la ménopause doit également être signalé.
L'absence de symptôme au stade précoce explique le rôle central du dépistage : il repère des anomalies des cellules bien avant qu'elles ne deviennent un cancer, chez des femmes qui se sentent en parfaite santé.
Ce que décrivent les patientes et où trouver des témoignages réels
Beaucoup de femmes découvrent une anomalie du col lors d'un examen de dépistage, sans avoir rien ressenti : c'est la situation la plus fréquente, puisque la maladie reste longtemps silencieuse. D'autres consultent pour des saignements inhabituels. Les guides destinés aux patientes et les associations abordent ensuite les mêmes étapes : l'annonce du diagnostic, les examens, le choix des traitements, leurs effets sur la fatigue, la sexualité ou le projet de grossesse, puis le retour à la vie professionnelle.
Pour lire ou partager des expériences vécues, plusieurs espaces existent :
- Imagyn, l'association des malades atteintes de cancers gynécologiques créée en 2014, réunit des patientes et des proches pour s'informer, se soutenir et échanger.
- La Ligue contre le cancer propose un accompagnement par ses comités départementaux ; son numéro gratuit, le 0 800 940 939, oriente vers le comité le plus proche.
- Le service Cancer info de l'INCa répond aux questions générales sur les cancers au 0 805 123 124, service et appel gratuits ; il ne remplace pas l'avis du médecin.
Chaque parcours est singulier : un récit, même proche de sa propre situation, ne dit rien du pronostic individuel, qui dépend du stade, du type de tumeur et de l'état de santé général.
Comment le diagnostic est posé
Le diagnostic du cancer du col de l'utérus repose sur l'analyse d'un prélèvement de tissu. Selon l'Assurance maladie, plusieurs examens se succèdent.
- Le frottis de dépistage, avec examen cytologique ou test HPV, repère des cellules anormales ou un papillomavirus à haut risque.
- La colposcopie, examen du col et du vagin à la loupe, s'accompagne le plus souvent d'une biopsie.
- Une conisation, réalisée sous anesthésie, retire une partie du col lorsque les lésions sont plus difficiles à atteindre.
- L'analyse au microscope des prélèvements confirme le cancer, son type et son stade.
- Une IRM du bassin, parfois une TEP-TDM, une cystoscopie ou une rectoscopie, précisent l'extension de la maladie.
Un résultat de dépistage anormal n'est pas un diagnostic de cancer : le plus souvent, il s'agit d'une infection à papillomavirus ou de lésions précancéreuses. Le cas d'un frottis normal avec un test HPV positif en est un bon exemple.
Les traitements selon le stade de la maladie
Les traitements du cancer du col de l'utérus sont décidés en réunion de concertation pluridisciplinaire, qui réunit des médecins de plusieurs spécialités. Ils dépendent du type de cancer, de son étendue, de l'état de santé général et du souhait éventuel de grossesse. L'INCa décrit les grandes options suivantes.
| Stade | Traitement de référence |
|---|---|
| Cancers précoces (stades IB1, IB2 et IIA1) | Chirurgie retirant l'utérus, le haut du vagin, les tissus voisins et les ganglions du bassin, ou radiothérapie externe associée à une curiethérapie |
| Cancers localement avancés (IB3, IIA2, III et IVA) | Radiochimiothérapie concomitante, suivie d'une curiethérapie |
| Cancers métastatiques (IVB) | Chimiothérapie associant plusieurs médicaments |
La curiethérapie consiste à placer temporairement une source radioactive au contact de la tumeur. D'autres traitements, comme l'immunothérapie ou les thérapies ciblées, peuvent être proposés dans certaines situations décidées par l'équipe. Le cancer est reconnu en affection de longue durée, ce qui ouvre une prise en charge à 100 % des soins liés, dans la limite des tarifs de l'Assurance maladie.
Prévenir le cancer du col : dépistage de 25 à 65 ans et vaccination
La prévention du cancer du col de l'utérus repose sur deux outils complémentaires. Le dépistage est recommandé par la HAS de 25 à 65 ans : entre 25 et 29 ans, deux examens cytologiques à un an d'intervalle puis tous les trois ans s'ils sont normaux ; de 30 à 65 ans, un test HPV trois ans après le dernier examen cytologique normal, puis tous les cinq ans tant qu'il est négatif. Le détail du programme de dépistage du cancer du col de l'utérus précise les invitations et la prise en charge.
Selon l'INCa, 59,5 % des femmes concernées ont participé au dépistage sur la période 2020-2022, et 770 femmes meurent chaque année de ce cancer en France. La vaccination contre les papillomavirus, recommandée entre 11 et 14 ans avec un rattrapage possible jusqu'à 26 ans révolus, complète le dépistage sans le remplacer.
Signes qui doivent faire consulter un médecin ou une sage-femme.
- Des saignements après un rapport sexuel, entre les règles ou après la ménopause.
- Des pertes inhabituelles qui persistent.
- Des douleurs pendant les rapports ou des douleurs pelviennes durables.
Ces signes ont souvent une cause bénigne, mais seul un examen permet de le vérifier.
Questions fréquentes sur les symptômes du cancer du col de l'utérus
Peut-on avoir un cancer du col de l'utérus sans symptôme ?
Le cancer du col reste souvent silencieux à ses débuts, et les lésions précancéreuses ne donnent pas de signe. Le dépistage régulier est le seul moyen de les repérer à temps.
Un saignement après un rapport annonce-t-il un cancer ?
Un saignement après un rapport a le plus souvent une autre cause, comme une infection ou une lésion bénigne du col. Il mérite toutefois un examen, surtout s'il se répète.
Un frottis tous les ans est-il nécessaire ?
Le rythme recommandé est de trois ans entre 25 et 29 ans, après deux premiers examens à un an d'intervalle, puis de cinq ans avec le test HPV à partir de 30 ans, sauf suivi particulier décidé par le médecin.
Sources
- Circonstances de découverte et diagnostic du cancer du col de l'utérus (Assurance maladie)
- Les traitements des cancers de l'utérus (Institut national du cancer)
- 9 fois sur 10 le cancer du col de l'utérus pourrait être évité (Institut national du cancer)
- Dépistage du cancer du col de l'utérus : le test HPV-HR recommandé (HAS)




