Nous regroupons sur cette page quelques uns des témoignages qui justifient notre demande de passer au test HPV en dépistage primaire dès maintenant.

➤ Vous souhaitez vous aussi témoigner des failles du dépistage basé sur le frottis ? Contactez-nous en utilisant le formulaire en bas de page. 

Véronique R-P

Je suis anapath et cependant je suis 100% d’accord avec tout ce que dit le Dr Fabre. Mais je viens de réaliser (en discutant en EPU avec des collègues dont certains actifs au syndicat) qu’il est pratiquement honteux d’exprimer son opinion scientifique là-dessus. J’ai été de nombreuses années conseil scientifique pour la campagne pilote de l’Isère démarrée en 90, j’ai lu (du mieux possible et avec des corrélations cyto-histo dûment revérifiées en ressortant les lames) des dizaines de milliers de frottis, j’ai fait des statistiques sur mes loupés et sur mes ASCUS depuis 98. J’ai toujours travaillé en étroite relation avec de nombreux(ses) gynécos. Quand le test HPV a été installé chez nous, j’ai volontairement “élargi” mes ASCUS donc mes indications de test HPV “pour voir” (avec la mention distinctive perso “j’y crois” ou “j’y crois pas” selon que les anomalies me semblaient plus ou moins “dystrophiques banales”) et j’ai pu constater que la catégorie “j’y crois pas” recueillait pas mal de positifs au génotypage HPV, rattrapés par les cheveux (dont un micro-invasif chez une fille de moins de vingt ans! et beaucoup de lésions mal visibles en cyto chez des femmes ménopausées). Je me suis vu reprocher de faire trop de tests HPV alors que c’était au service des patientes et dans le but de me forger une opinion. En 2016 au congrès Eurogyn de Salzbourg, j’ai été absolument “sur-convaincue” de la supériorité de l’HPV sur le frottis (je l’étais déjà) pour bien des raisons qui tiennent au caractère aléatoire du prélèvement cyto – et les anapaths qui n’aiment pas critiquer ouvertement leurs mauvais préleveurs car risque de perte d’un correspondant – , et du caractère aléatoire de la lecture selon la concentration du lecteur le mieux intentionné.

J’ai eu honte des exposés français par rapport à ceux des autres pays etc. Les anapaths se “défendent” en racontant des faussetés sur la supériorité du frottis, au lieu de se remonter les manches pour 1/ installer le test HPV chez eux, or c’est très possible techniquement et financièrement et compense la perte subie par la cytologie; 2/ faire revaloriser les actes d’anapath, car c’est le gros problème: l’histologie est une expertise complexe et dispendieuse et chronophage, qui n’est pas rémunérée à sa juste valeur. le frottis est un peu la béquille qui permet à de nombreux labos d’anapath de tenir debout. C’est là que se situe le problème. Alignons la valeur de l’examen anapath à celui de tous les autres pays européens développés, alignons le salaire des anapaths qui triment dix heures par jour au microscope, à celui des biologistes médicaux dont la qualité de vie est bien différente, et je peux vous garantir que les anapaths ne s’accrocheront plus au combat d’arrière-garde qu’est la défense du frottis, avec des arguments pseudo-scientifiques qui déshonorent la profession. Notre honneur est dans l’histologie et la biologie moléculaire des tumeurs !

Je peux parler facilement de tout ça, puisque je viens de prendre ma retraite d’installée et termine ma carrière comme remplaçante (mais là, je me grille !). J’ai été poussée vers ce choix anticipé, non pour cause de menace sur le frottis ni lassitude du métier, mais par le désaccord croissant que je rencontrais face à la mauvaise foi scientifique de nos représentants. Je vous assure qu’en tant qu’anapath privé, il est quasiment impossible de tenir ce langage.

Or je crois que du fait d’un discours dominant, les anapaths chacun dans leur coin, soit n’y vont pas voir de plus près comme je l’ai fait, soit se taisent poliment par solidarité s’ils ont développé une opinion anti-frottis. Alors que la vraie solidarité, c’est demander à chacun de faire valoir sa haute compétence scientifique et sa formation continue pointue (qu’il/elle a, dans la plupart des cas, sauf pour l’HPV).

Laetitia S

Merci pour le témoignage de Sylvie. Mon cas est le même… Fin février 2018 après un frottis nickel, des douleurs… Je consulte une gynécologue interne qui voyant mon utérus, me propose une biopsie le 3 août. Le 3 septembre, résultats : lésion cancéreuse de plus de 4 cm. Après : IRM, TEP, scanner, le diagnostic final tombe : cancer invasif. De octobre au 21 décembre : rayons, chimio, etc. Avec bien sûr tous les effets indésirables… Tout est grillé. Ménopausée l’année de mes 40 ans… Oui je suis en colère d’apprendre qu’il existe un test de dépistage car nous sommes en avril 2019. Je suis sous surveillance et j’ai peur quand je pense à la vitesse où le HPV se propage. Je pense à moi mais surtout à nos enfants. J’aurai été prête à payer le prix pour acheter ce test. J’aurais gagné du temps, cela m’aurait évité une souffrance physique, psychologique qui a blessé également mon petit garçon. Merci de mettre au grand jour la réalité. Que pour 20€ on peut mourir dans notre société…

Sylvie L

Moi aussi je suis passée par le papillomavirus mais avant que quelque chose soit fait j’ai dû me battre contre ma gynéco ! Elle ne voulait pas refaire un frottis qui était classé “douteux” par le laboratoire, elle m’a fait attendre 1 an pour refaire un nouveau frottis. Et là jackpot ! Donc biopsie qui révèle un CIN 2 ! Biopsie à 18h, 21h sensation bizarre, consultation et là descente d’organes. Ma gynéco n’a jamais voulu admettre qu’il pouvait y avoir une relation entre la biopsie et la descente d’organes ! J’ai dû attendre 1 mois avant d’avoir un rendez-vous avec le chirurgien et 1 mois supplémentaire pour l’opération ! Je ne vis plus comme avant !

Nathalie D

J’ai 32 ans et l’histoire de Sylvie Dejoux est aussi mon histoire. J’aurais pu écrire les mêmes mots. J’ai toujours été suivie, je faisais un frottis par an et ils revenaient toujours clean… Jusqu’au 12 janvier 2018 où on m’a diagnostiqué un cancer du col de l’utérus. Le ciel c’est effondré sur moi…. Je savais depuis un moment que quelque chose ne tournait pas rond mais les docteurs me disaient que ce n’était rien. Donc on fait taire cette petite voix intérieure qui continue de nous dire qu’il y a un souci… Jusqu’au jour où on vous met le mot cancer dessus et plus rien n’a de sens. J’ai eu chimiothérapie rayon + curiethérapie et ablation totale de l’utérus des ovaires et des trompes à 31 ans. J’essaie de me consoler tout les jours en me disant que j’ai de la chance, je suis en vie et j’ai trois merveilleux garçons. Mais dans mon coeur on m’a enlevé le droit de procréer. Sans parler de tous les désagréments (ménopause, douleur, la peur panique que ça revienne). Je ne sais pas pour les autres mais je n’ai plus confiance dans le corps médical… Merci de m’avoir lue. Je m’appelle Nathalie et ma vie ne sera plus jamais la même.

Myriam B

Conisation subit le 24 avril cin3. Frottis normaux en 2016 et 2017. Je reste sceptique quant à la fiabilité de ce test ou du laboratoire qui les analyse. J’ai un peu de mal à croire que les cellules se soient développées aussi rapidement. Je suis très en colère et j’aimerais vous soutenir dans ce combat.

Cathy G

J’ai eu un cancer invasif du col de l’utérus il y a 6 ans. Même après plusieurs frottis réguliers. Si vous avez besoin, je suis prête pour m’investir dans cette cause, qui me touche de prês et j’ai une fille de 20 ans.